Opale - Encyclopédie

    Classe : Silicate
    Sous-classe : Tectosilicate
    Système cristallin : Amorphe/Désordonné
    Chimie : SiO2 . nH2O
    Abondance : Fréquent

L'opale est un gel de silice amorphe ou présentant une faible cristallisation désordonnée, elle est constituée majoritairement de microbilles de silice (150 à 300 nm de diamètre) visibles uniquement au microscope électronique et parfois de fibres désordonnées de cristobalite et de tridymite. En minéralogie les opales sont d'ailleurs classées en 3 familles : l'opale-CT (gel de silice + fibres désordonnés de cristobalite et tridymite), l'opale-C (gel de silice + fibre de cristobalite) et opale-A (gel de silice uniquement). Les interstices entre les microsphères sont occupés par de l'air ou de l'eau dont la teneur peut varier de 6% à plus de 20%. Le jeux de couleurs (appelés abusivement "feux") de certaines opales résultent de la diffraction de la lumière au travers de ces couches de microbilles. Le terme "opale" vient du sanskrit "upala" (pierre précieuse) puis repris par le grec "opalios" et le latin "opalus". On la rencontre généralement en milieu volcanique et sédimentaire. Dans les zones volcaniques, elle se dépose au niveau des sources chaudes et des geysers riches en silice (geysérite) ou bien par circulation d'eaux chaudes siliceuses affectées par l'activité fumerollienne (gazeuse). En terrain sédimentaire, elle se forme par altération des silicates et dépôt colloïdale (particules minuscules de la taille du nanomètre), dans ce cas elle arrive parfois à épigéniser des organismes fossiles. De par sa nature partiellement à totalement amorphe, elle ne se présente jamais en cristaux, mais en masses botryoïdales, mammelonnées ou stalactitiques, plus rarement en filons. Enfin de manière plus anecdotique l'opale constitue les squelettes de certains organismes vivants : spicules des éponges, ou coquilles des diatomées (algues siliceuses) et radiolaires (zooplancton) qui par accumulation peuvent donner des roches à part entière (diatomite et radiolarite). L'opale peut être opaque à transparente et de couleurs variées à l'origine de nombreuses variétés : hyalite (transparente et incolore), cacholong (blanc laiteux), résinite (jaune à brune), opale de feu (rouge-orange et transparente) ; les opales nobles (ou précieuses) présente un jeu de couleurs et sont elles aussi classées selon leurs couleurs et transparences : l'opale noire (noir avec feux), cristal (transparente avec feux), boulder (avec matrice), koroit (filonnets à jeux de couleurs violents dans matrice), chocolat (marron avec feux). C'est un minéral qui a une grande importance en bijouterie-joaillerie, mais qui peut aussi être utilisé dans l'industrie, en effet les radiolarites et diatomites sont broyées pour fabriquer des abrasifs, des filtres des produits isolants et absorbants, elles entrent également dans la préparation de la dynamite. Enfin la diatomite est aussi beaucoup utilisée dans l'industrie cinématographique à cause de sa très grande légèreté.

Opale hyalite de Tarcal, Borsod-Abaúj-Zemplén, Hongrie
Opale de l'Oregon, USA
Opale cristal facettée de 1,31 ct de Welo, Ethiopie
Opale rose en cabochon rectangle de 44,12 ct du Pérou

L'opale dans le Monde

L'opale est un minéral assez fréquent mais les gisements ayants produit des opales nobles utilisables en bijouterie sont rares. Les plus connus sont australiens et ont livré des pierres extraordinaires comme Coober Pedy, Andamooka, Bulla Creek, Burcoo River, White Cliffs, Lightning Ridge, etc... Plus récemment la région de Welo (Ethiopie) a produit de nombreuses opales cristals et chocolats exceptionnelles (photo de droite), qui supplantent actuellement les australiennes sur le marché. Les plus belles opales de feu proviennent quand à elle du Mexique. Les Etats-Unis (Oregon) possèdent quelques gisement intéressants d'opale ainsi que la Slovaquie, ce dernier était d'ailleur le producteur des plus belles opales nobles du Monde avant la découverte des gisements australiens en 1923 puis éthiopiens. Enfin les opales hyalites exceptionnelles proviennent pour la plupart d'Europe de l'Est (Hongrie et République Tchèque).
Opale de feu de 2,08 ct du Mexique
Opale de feu de 0,89 ct du Mexique
Opale de feu de 0,88 ct du Mexique
Opale de feu de 1,79 ct du Mexique

L'opale en France

La France possède quelques gisements d'opale intéressants notamment en Auvergne à corréler avec le volcanisme récent : forchérite de St-Nectaire (opale jaune à inclusions de réalgar et d'orpiment), résinite de Gergovie, ainsi que la fameuse lussatite de Limagne. En curiosité il faut aussi noter l'opale rose de Quincy dans le Cher appelée quincyite et dont la couleur est due à la des inclusions de sépiolites colorées et de pigments organiques.

Les formes spéciales

L'opale peut remplacer ou mouler la formes d'organisme fossiles : coquilles de bivalves et de gastéropodes, os, végétaux (bois fossile), rostres de bélemnites, ammonites, etc...

Les faux et arnaques

A cause de son importance en joaillerie les opales sont beaucoup traitées mais aussi synthétisées, ces pratiques ne sont malheureusement pas toujours spécifiées sur le marché.


  • Les opales synthétiques : parfois appelées Gilson ou aussi Kyocera, ce sont des opales réalisées par compressions, la stratification des microsphères de silice est forcée et donne aux feux un aspect en colonnes. Au microscope les paquets de microbilles de silice donnent sur la surface de la pierre une texture en peau de serpent ("snakeskin") absolument absente sur les opales naturelles.
  • Les doublets ou triplets : doublet si les cabochons sont constitués d'une fine couche d'opale noble naturelle collée sur une base noire opaque (basalte, verre, etc...) ; triplet si en plus l'opale est recouverte d'une couche de verre ou de quartz incolore.
  • Les opales noires traitées : souvent appelées opales noires Andamooka ou "sugar and smoke" sont des opales naturelles plongées dans le sirop de sucre puis carbonisées à l'acide sulfurique.
  • L'opalite : se rencontre en pierres roulées, billes et perles pour la lithothérapie. Il s'agit ni plus ni moins que d'un verre industriel imitant l'opale, au microscope la texture fluidale, les bulles d'air et l'indice de réfraction différent de celui de l'opale naturelle permettent de faire facilement la différence.
  • Opale Slocum : aussi appelée "slocum stone", doublet ou triplet constitué de particules métalliques recouvertes d'un dôme de verre ou de quartz. Peut aussi être constituée de feuilles métalliques directement incluses dans un verre. Ces pierres ne peuvent que tromper les néophytes, l'aspect visuel n'a en effet rien à voir avec une opale naturelle.
  • Le crazing : phénomène naturel de craquèlement rapide (quelques mois) puis fracturation des opales précieuses lié à une déshydratation. Certaines opales nobles de faible qualité et à bas prix présentant une porosité importante finissent par subir ce phénomène et se brisent. Afin d'éviter les mauvaises surprises les producteurs sérieux laissent leurs opales brutes en plein soleil quelques mois avant de les travailler. Il est impossible visuellement de savoir à l'avance si une opale va subir ou non ce phénomène. A éviter en pierres taillées les opales noires et chocolat d'Ethiopie, les gros bruts en provenance des pays considérés comme des centres de taille. N'importe quelle opale subit le crazing si elle est chauffée.



Dureté : 5,5 à 6,5
Densité : 1,9 à 2,3
Cassure : Irrégulière à conchoïdale
Trace : Blanche




TP : Opaque à transparent
IR : 1,40 à 1,46
Biréfringence : -
Caractère optique : -
Pléochroïsme : Aucun
Fluorescence : Jaune, vert, bleu


Solubilité : Acide fluorhydrique

Magnétisme : Aucun
Radioactivité : Aucune