Stibine - Encyclopédie

    Classe : Sulfure et sulfosels
    Sous-classe : Sulfure
    Système cristallin : Orthorhombique
    Chimie : Sb2S3
    Abondance : Assez fréquent

La stibine est le plus commun des minéraux d'antimoine, dont elle constitue le minerai. Son nom vient du grec stibi puis du latin stibium, l'ancien nom de l'antimoine. On la rencontre dans les gîtes hydrothermaux de basse à haute température. Elle cristallise généralement en prismes allongés à aciculaires, striés selon l'allongement. Les cristaux sont flexibles, se courbent sous la contrainte et elle fond à la flamme d'une bougie en la colorant en gris-bleu. C'est un minéral métallique gris qui s'altère facilement en oxydes blancs à jaunâtres dont la stibiconite ou la cervantite qui peuvent totalement la remplacer. Ces pseudomorphoses peuvent parfois être accompagnées de mouchetures rouges de kermésite. C'est un minéral qui n'est pas utilisé en bijouterie-joaillerie à cause de sa faible dureté, mais broyée elle a été utilisée dans l'Antiquité comme kohol (fard à paupières gris argent) notament dans l'Ancienne Egypte. L'antimoine qui en est extrait était associée au plomb qui entrait dans la fabrication des caractères d'imprimerie et le rendait plus dur. L'antimoine est aussi un agent ignifugeant dans l'industrie textile et des plastiques ou bien un pigment utilisée dans la fabrication des verres et en pyrotechnie.

La stibine dans le Monde

Les cristaux les plus grands de stibine proviennent de la mine de Ichinokawa au Japon et ils peuvent atteindre les 60 cm de longueur. Des spécimens spectaculaires ont également été extraits de la province de Hunan en Chine (Xikuangshan) et des mines de la région de Baia Mare en Roumanie (Herja, Cavnic, etc...). Les gîtes roumains fournissent d'ailleurs toujours de très beaux spécimens sur barytine (photo principale). D'autres belles cristallisations proviennent d'Italie, de Bolivie et des USA.

La stibine en France

La France a produit quelques-uns des plus beaux cristaux mondiaux : l'ancienne mine de la Lucette en Mayenne notamment, plus grand gisement mondial au début du XXème siècle, a fourni des prismes qui pouvaient parfois atteindre les 30 cm de long pour 2,5 cm de large. Des cristaux de 15 cm ont également été extraits de la mine du Dahu (Lubilhac en Haute-Loire).

Les macles

La stibine présente plusieurs plans de macle possibles, mais ils sont rarement observés dans la nature : {120}, {130} et {310}. Les macles de déformations sont par contre très fréquentes, elles sont d'allures polysynthétiques.

Les faux et arnaques

Parmi les faux connus on note des assemblages (collages de cristaux entre eux ou à de la calcite ou du réalgar) notamment sur certains spécimens en provenance de Roumanie. Il est a noter que ces associations existent dans la nature. Plus vicieux, des cristaux de stibine roumaine et assemblages ont servi de support à la cristallisations en laboratoire de dichromate de potassium (lopezite) qui par sa couleur ressemble au réalgar.



Dureté : 2 à 2,5
Densité : 4,6
Cassure : Irrégulière à conchoïdale
Trace : Grise à noire




TP : Opaque
IR : Non mesurable
Biréfringence : Non mesurable
Caractère optique : Aucun
Pléochroïsme : Aucun
Fluorescence : Aucune


Solubilité : Acide nitrique et chlorhydrique 

Magnétisme : Aucun
Radioactivité : Aucune