Tourmaline - Encyclopédie

    Classe : Silicate
    Sous-classe : Cyclosilicate
    Système cristallin : Trigonal
    Chimie : WX3Y6(BO3)Si6O18(O, OH, F)4
    Abondance : Très fréquent

Le groupe des tourmalines est le plus important des cyclosilicates avec une quinzaine d'espèces connues dont les plus communes sont le schorl, la dravite, l'elbaïte mais comprend aussi la liddicoatite, l'uvite, etc... Son nom vient du cinghalais turamali qui signifie littéralement "pierre qui attire les cendres" car ses cristaux provoquaient un phénomène autrefois incompréhensible, chauffés au-dessus d'un foyer, ils en attiraient les cendres. Sous l'effet de la chaleur les cristaux se chargent électriquement : c'est la pyroélectricité qui est responsable de ce phénomène connu depuis l'Antiquité. La chimie du groupe est très complexe à cause d'un grand nombre de subtitutions possibles ; W, X, Y dans sa formule chimique désignant différents cations (Ca, Na, Mg2+, Li, Al, Fe2+, Mn2+, Fe3+, Ti3+, Cr3+, etc...). On rencontre les tourmalines dans les pegmatites granitiques, dans les filons pneumatolytiques et aussi quelques granites. Elle peut également apparaître dans certaines roches métamorphiques ayant subi une métasomatose borée. Elle cristallise généralement en prismes allongés et striés à sections trigonales. Les cristaux peuvent prendre des couleurs très variées : incolore et transparente, brun à noir (tourmalines ferromagnésiennes : schorl et dravite), rose, rouge, bleue ou verte (tourmalines lithiques : elbaïte ou liddicoatite), des cristaux multicolores pouvant être fréquents sur certains gisements. C'est un minéral qui s'altère en phyllosilicates (micas et chlorites) qui peuvent partiellement la pseudomorphoser. Elle n'est utilisée que comme pierres fines, elle ne constitue pas un minerai de bore malgré sa forte teneur en cet élément car trop difficile à traiter.

Rubellite de Pala, Californie, USA
Tranche de tourmaline zonée de Madagascar
Tourmaline biterminée du Pakistan
Schorl des pegmatites de Namibie

La tourmaline dans le Monde

La tourmaline est très abondante à la surface de la planète, de grands cristaux de schorl (plus de 25 cm) proviennent des pegmatites malgaches et américaines. Des elbaïtes de couleurs variées spectaculaires ont été extraites des pegmatites pakistannaises et du Minas Gerais (Brésil), le record est sans doute un cristal de rubellite de plus de 1 m découvert en 1978 dans la mine Jona (Brésil), le spécimen est connu sous le nom de "the rocket". En Californie les pegmatites du secteur de Pala ont fourni des cristaux décimétriques magnifiques. Enfin des cristaux de liddicoatites de plus de 25 cm de diamètre avec leurs splendides zonations colorées proviennent du Mont Bity (Madagascar).
Tourmaline verte d'Afrique
de 0,83 ct
Rubellite de Madagascar
de 1,58 ct
Tourmaline polychrome du Brésil de 10,90 ct
Tourmaline jaune d'Afrique
de 1,16 ct

La tourmaline en France

La France a produit quelques très beaux spécimens de schorl notamment avec ses cristaux de plus de 10 cm du Massif Armoricain (St-Pol-de-Léon, St-Jacut-de-la-Mer, etc...), d'Ariège, de Lozère (La Chomette), ou encore du Massif Central (pegmatites de Biauchaud). Quelques cristaux centimétriques de dravite ont été signalés dans les Pyrénées à Arignac (photo ci-contre) et les Alpes (Glacier d'Argentière).

Les macles

Rare et non observable macroscopiquement.

Les faux et arnaques

Certaines rubellites du Pakistan présentant une belle couleur rose sont en réalité irradiées. Ce traitement est très difficile à détecter sauf si les spécimens présentent de la gangue avec du quartz qui est alors de couleur fumé. De nombreux assemblages existent également pour cette même provenance. Certains cristaux isolés de tourmaline peuvent aussi avoir été chauffés, les inclusions dont les disques de tension peuvent permettre de mettre en évidence ce traitement sous magnification. La tourmaline n'a pas réussi a étre synthétisé pour le moment à cause de sa chimie complexe, mais certaines pierres taillées sont par contre diffusées au cuivre pour leur donner une belle couleur bleu-verte Paraiba (difficile à mettre en évidence sans équipement de laboratoire).



Dureté : 7 à 7,5
Densité : 3 à 3,2
Cassure : Irrégulière à conchoïdale
Trace : Blanche




TP : Opaque à transparent
IR : 1,603 à 1,655
Biréfringence : 0,013 à 0,024
Caractère optique : Biaxe -
Pléochroïsme : Fort
Fluorescence : Aucune


Solubilité : Acide fluorhydrique

Magnétisme : Paramagnétique
Radioactivité : Aucune