Amétrine - Encyclopédie

    Classe : Silicate
    Sous-classe : Tectosilicate
    Système cristallin : Trigonal
    Chimie : SiO2
    Abondance : Rare


L'amétrine est une variété violette et jaune de quartz. Les cristaux sont constitués d'une alternance de zones violettes et jaune-orange. Habituellement elle est coupée en tranches perpendiculairement à l'axe d'allongement du cristal, ce qui permet de dévoiler les zonations triangulaires jaune et violette et d'ainsi tailler des pierres bicolores. L'amétrine doit son nom à la contraction d'améthyste et de citrine, si les zones violettes sont bien constituées d'améthyste, les zones jaune-orange ne sont en revanche pas de la citrine car elles sont colorées par des inclusions de minéraux ferreux. Les cristaux aux faces nettes et développées et aux terminaisons pyramidales sont très rares, on la retrouve généralement en cristaux corrodés columnaires. C'est une variété d'origine hydrothermale qui se met en place en filons. Cette variété de quartz présente un intérêt important pour les secteurs de la bijouterie-joaillerie, la grande majorité des pierres sont taillées, en cristaux nets elle est également recherchée des collectionneurs de minéraux. 

Amétrine de Bolivie de 20,46 ct en taille moderne
Tranche d'amétrine polie de Bolivie avec zonations
Amétrine de Bolivie de 17,07 ct en taille moderne
Amétrine de Bolivie 16,97 ct en taille moderne

L'Amétrine dans le Monde

Officiellement cette variété de quartz ne se rencontre qu'à un seul endroit au Monde et c'est en Bolivie où on l'exploite avec l'améthyste dans des filons hydrothermaux qui traversent des calcaires dolomitiques. Les cristaux d'amétrine peuvent mesurer classiquement plus de 20 cm. Elle est principalement exploitée en mines, même si quelques carrières sont ouvertes en extérieur.
Amétrine hématoïde de Chaméane, Puy-de-Dôme, France
Amétrine taillée de Chaméane, Puy-de-Dôme, France
Amétrine hématoïde de Chaméane, Puy-de-Dôme, France
Amétrine hématoïde de Chaméane, Puy-de-Dôme, France

L'Amétrine en France

Le seul gisement connu au Monde étant Bolivien on pourrait penser qu'il n'y a pas de vraies amétrines dans le sous-sol français. Nous avons cependant eu la surprise de découvrir des cristaux présentant les mêmes zonations que les cristaux boliviens à Chaméane dans le Puy-de-Dôme en taillant quelques pierres. La découverte remonte à 2017 où une poche de cristaux d'améthyste très foncée recouverts d'une capuche rouge hématoïde a été mise au jour. En taillant des tranches perpendiculairement à l'axe d'allongement des cristaux et en rétro-éclairant les tranches on observe les mêmes zonations que sur les spécimens boliviens (photo de gauche), la ressemblance est frappante à la différence que les cristaux de Chaméane sont tellement foncés qu'ils apparaissent noirs sans rétro-éclairage.

Les macles

Les cristaux d'amétrine sont quasiment tous en macle du Brésil, comme pour le quartz. Cette macle est cependant indétectable sans filtre polarisant.

Les faux et arnaques

L'amétrine est une pierres très trafiquée, à cause de son aspect envoûtant et du fait de son importance en joaillerie. Elle est synthétisée depuis les années 90 en laboratoire. Des cristaux grandissent pendant des durées parfois supérieures à 1 an dans un mélange d'eau et de nutriments en environnement où la pression, la température et la fugacité d'oxygène sont contrôlés. On appelle ces "cocotte-minutes" des autoclaves. Afin de faire grandir un cristal synthétique un germe est nécessaire (un petit morceau de quartz naturel et non maclé). Le résultat est un cristal aplati d'amétrine (photo de droite - copyright Maha Tannous - GIA).

Afin de différencier le faux du synthétique à la maison, il y a 2 méthodes qui existent, la première est de chercher les plans de macles du Brésil. Pour cela il faudra 2 filtres polarisants, on place le premier filtre devant une source de lumière, on prend l'amétrine suspecte dans une main et le second filtre polarisant dans l'autre, on fait tourner le filtre polarisant dans sa main en regardant au travers jusqu'à ce que la source de lumière sur laquelle vous avez placé le premier filtre apparaisse noire, on dit alors que les filtres polarisants sont en position croisée (ou que la lumière est polarisée-analysée). On place alors l'amétrine entre les 2 filtres polarisants, des lignes parallèles de couleurs flashies apparaissent alors, ce sont des plans de macles du Brésil polysynthétiques (photo de gauche). Si ils sont présents, l'amétrine est obligatoirement naturelle.

La seconde méthode consiste à regarder les lignes de croissance dans la pierre et plus particulièrement dans les parties violettes où elles sont bien visibles, ceci peut nécessiter l'utilisation d'un microscope ou d'une loupe. Dans une amétrine naturelle les lignes de croissance font un angle de 38° ou de 67° avec la limite jaune-violet notée "m" (voir photo du dessous - copyright K. Schmetzer / Gem's A website). Dans les amétrines synthétiques cet angle n'est que de 0° à 8°, chose que l'on comprend aisément en observant la morphologie du cristal brut synthétique exposé plus haut.



Dureté : 7
Densité : 2,65
Cassure : Conchoïdale
Trace : Blanche




TP : Transparent à opaque
IR : 1,544 à 1,553
Biréfringence :  0,009
Caractère optique : Uniaxe +
Pléochroïsme : Faible
Fluorescence : Très rare


Solubilité : Acide fluorhydrique

Magnétisme : Aucun
Radioactivité : Aucune